Les 20 de Vienne !

vins-de-vienne3

Crédit photo vignette et couverture @Chloé Lapeyssonnie

Il y a deux semaines, je me suis rendu à Chavanay, quelques kilomètres en dessous de Vienne. Charlotte, Nessa, Quentin et moi étions invités afin de célébrer les 20 ans des Vins de Vienne, issus de vignes plantées il y a juste 20 ans donc. Cet événement, je le définirais plutôt comme les noces de porcelaine d’un ménage à trois fructueux. Je parle bien entendu de l’union d’Yves Cuilleron, de Pierre Gaillard, de François Villard et leurs nombreux enfants, nommés Taburnun, Sotanum et j’en passe et des meilleures.

Au nord de Vienne se situe un vignoble oublié qui possède un nom criant le calembour grivois : Seyssuel. Cette charmante bourgade présentait des signes historiques et géographiques de culture viticole remontant jusqu’à l’époque romaine, mais fut vraisemblablement abandonnée suite au phylloxéra et à la diversification des cultures. Seyssuel, c’est aussi un ensemble de coteaux en terrasses difficile à travailler et les possibilités de mécanisation sont limitées. En 1996, Yves, Pierre et François se lancent dans une aventure folle et replantent ce vignoble disparu. Aujourd’hui, une trentaine d’hectares s’épanouit, un petit pied de nez aux vignobles de Condrieu et Ampuis miroitant de l’autre côté du Rhône. Il fallut beaucoup de courage, de patience, une vision à l’épreuve des critiques pour que nos trois irréductibles arrivent à leurs fins. Et c’est loin d’être terminé.

Si faire du vin seul n’est pas simple, en faire à trois est encore plus complexe. Ce sont bien 3 caractères trempés qui doivent s’accorder pour finaliser avec précision ces nectars exquis. L’assemblage notamment, ou plutôt l’étripage comme on a bien voulu nous le décrire, est un moment crucial et décisif. Chaque année, les mots volent au dessus des cuves. Parfois au point de se rabibocher autour d’un repas organisé par les compagnes, soucieuses de garantir le bon fonctionnement de cette mécanique parfaitement imparfaite. Quelques regards amusés et entendus se passant de commentaires s’échangent d’ailleurs autour de la table lorsque l’on aborde le sujet. Une belle camaraderie !

degustation-vin

Nous passons à la dégustation. Je pourrais m’étendre longuement dans un vocabulaire oenologique très (trop) approximatif concernant chaque bouteille, mais je vais vous épargner cela au profit d’une synthèse plus parlante à mon goût. Leurs vins leur ressemblent. Ils ont du caractère. Ils sont généreux et puissants au premier nez. Lors d’une deuxième lecture, leur complexité se révèle doucement, abyssale. En bouche, c’est rond, gourmand et généreux encore. Nous avons affaire à de très belles bouteilles qui se dressent comme une main tendue entre leurs créateurs et nous, allégorie de ce moment d’échange. Une jolie amertume achève de me séduire sur l’ensemble des 4 vins dégustés. Cette dualité minérale oscilant entre les fruits et l’amertume me rappelle une chanson que nous connaissons bien « Je t’aime moi, non plus », qui me fait un peu tourner la tête à chaque gorgée.

taburnum

La dégustation à peine finie, je fais un petit saut par la boutique pour emmener quelques capsules-souvenirs de ce beau moment.

Dehors, la fête se met en place et les invités arrivent. Quelques tonneaux roulent dans notre direction pour composer de jolies tables de fortune, les nuages nous regardant du coin de l’oeil. Un service très efficace dépose des plateaux de délicieuses caillettes, d’excellents saucissons et s’assurent que nos verres ne désemplissent pas. Nous commençons avec un Saint-Peray Hommage 1829 bien frais alors que le soleil passe finalement sous la barre des nuages pour nous dire au revoir. C’est un moment délicieux. Nous sommes en excellente compagnie et nous nous régalons. Les Condrieu arrivent, suivi de près par des Côte Rotie. Je savoure pleinement ce moment que l’on peut difficilement rendre meilleur quand soudain un orchestre attaque avec entrain quelques standards de jazz, déclarant l’ouverture de la session foodtruck.

rolling-cantine-2 frites-2

En bons reporters, nous nous sommes sacrifiés pour tout goûter et autant vous dire que tout était excellent. Mention spéciale à Nicolas et la Rolling Cantine pour nos beaux échanges et aussi pour m’avoir invité à monter prendre des photos au plus près de l’action !

La fête bat son plein. Quelques millésimes oubliés particulièrement charmants passent de table en table. Il est déjà presque minuit et l’heure du retour sonne pour nous. Vivement les 30 ans !

Je tiens à remercier chaleureusement toute l’équipe, ce moment restera longtemps gravé dans ma mémoire.

saint-peray cuilleron-villard-gaillard chavanay-3 charcuterie photomaton caillette vins-de-vienne-2

Author Antoine

Globe trotteur gastronome, mes nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis ont influencé ma cuisine et ma quête constante d'une qualité de vie qui met au centre la gourmandise. Je suis aussi le fondateur de Mingle, une agence de conseil en communication.

More posts by Antoine

Join the discussion 2 Comments

Leave a Reply